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Les protectionnismes < Fiche 001 
 
Fiche 001  Pourquoi s’interroger sur l’opportunité du protectionnisme ? 
 
Le GAPSE a souhaité lancer dans le courant de l’année à venir une réflexion sur le thème du protectionnisme :  
  • Les démarches de caractère protectionniste appartiennent-elles à une époque révolue ? 
  • Offrent-elles à nos sociétés des pistes intéressantes ? 
  • Quels sont les éléments d’un tel débat ? 
  •  
    Jusqu’aux dernières années du XX° siècle, les débats sur l’opportunité de mesures protectionnistes se déroulaient à l’intérieur de chaque nation. Les options des partisans du libre-échangisme ou du protectionnisme relevaient de logiques simples : 
    - Un pays se trouvant en situation dominante vis-à-vis de ses concurrents dans un domaine d’activité donné se réclamait du libre-échangisme.  Cela lui permettait de tuer dans l’œuf le développement d’activités concurrentes, et de préserver ses avantages acquis. Toute la politique de la Grande-Bretagne au XIX° siècle relevait de cette logique. A l’inverse, une nation désireuse de lancer une activité nouvelle, cherchait à protéger son développement jusqu’à ce qu’elle soit devenue parfaitement compétitive. L’exemple de la Corée du Sud au cours de la deuxième moitié du XX° siècle est un exemple de politique protectionniste parfaitement réussie. 
    -  A l’intérieur d’une même nation s’affrontaient les porte-parole d’activités ayant intérêt, selon leurs situations, à rechercher les bénéfices d’une ouverture ou d’une fermeture des frontières. 
     
    Le débat sur l’opportunité du protectionnisme s’est transformé au cours des dernières décennies. Des entreprises de grande taille et des organismes financiers, de caractère multinational ont pris le contrôle des activités économiques mondiales. Leurs implantations, leurs équipes dirigeantes, leurs collaborateurs, leurs approvisionnements, leurs marchés, couvrent une grande diversité de nations. Elles ne voient pas la nécessité de privilégier l’une ou l’autre de celles-ci. Leurs choix stratégiques s’opèrent en fonction de leur intérêt, de commodités géographiques, et de l’articulation de leurs activités. Elles recherchent simplement le meilleur rapport Qualité/Coût : productivité maximale, coûts salariaux minimaux, mieux-disant fiscaux…  
     
    Toutes ensembles, elles constituent un « mouvement » que l’on pourrait appeler « Entreprises sans frontières ». A leurs yeux les interventions étatiques ne peuvent avoir que des effets indésirables sur leurs activités : contraintes, formalités, freins divers… Toute tentative de nature protectionniste est à leurs yeux incongrue, et ne peut que perturber le bon fonctionnement de l’économie mondialisée au nom de considérations locales de caractère démagogique. 
    Dès lors,  le débat sur le protectionnisme ne porte plus sur les avantages et les inconvénients qu’il peut présenter pour une nation, mais sur la légitimité même d’une nation à envisager sa mise en œuvre. Cela revient à mettre les intérêts d’une population en concurrence avec ceux des Entreprises sans frontières, ce qui est aux yeux de celles-ci, proprement inconcevable. Cela explique que, pendant plusieurs décennies, le protectionnisme a fait  l’objet d’un tabou absolu. 
    Depuis peu, la situation évolue. La mise en œuvre du libre-échange est de plus en plus perçue comme une source de nuisances financières, sociales et environnementales, catastrophiques pour la population mondiale. Le protectionnisme constitue-t-il un recours contre ces nuisances ? 
     
    Le débat est relancé. Un événement récent est, sur ce point, révélateur : Les éditions Gallimard viennent de publier un livre intitulé « Inévitable protectionnisme». S’agit-il d’un texte rétrograde, xénophobe, et frileux, émanant de personnages obscurantistes enfermés dans une vision rancie de l’histoire ? Pas le moins du monde : les trois auteurs sont des journalistes reconnus appartenant à des rédactions peu suspectes de « passéisme » : L’Expansion, L’Express, et le Monde de l’économie.  Leur argumentation est solide, bien étayée, convaincante. 
    Cet événement est un signe des temps : le tabou absolu sur le protectionnisme est en fin de carrière. Quels sont les éléments des débats à venir ?  
     
    Efforçons nous de les identifier : 
    -  Comment le problème se pose-t-il ? 
    -  Quels sont les points de vue en présence aujourd’hui? 
    -  Quels sont les enjeux d’un débat sur le protectionnisme ? 
    -  Quelles sont les marges de manœuvre réelles ?
     
     
     
     
     
     
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